A.D. enseignait à une petite fille de 5 ans. Elle savait que le père de celle-ci avait besoin de répit. Elle a donc, sans hésiter, proposé de la prendre chez elle à l’occasion. Mais l’intervenante de la DPJ lui a dit qu’il fallait sortir l’enfant immédiatement de sa famille. A.D. n’a donc pas hésité à lui ouvrir sa porte. Quelle surprise elle a eue quand elle a constaté que cette petite fille arrivait accompagnée de son frère de 3 ans!
Du jour au lendemain, A.D. et son conjoint ont dû adapter leur quotidien pour répondre aux besoins de deux jeunes enfants. Vêtements, lits, jouets, sièges d’auto et même changement de véhicule : les dépenses se sont accumulées.
Pendant ce temps, leur processus de reconnaissance comme famille d’accueil de proximité s’est prolongé bien au-delà des délais annoncés. Une situation qui les a privés, pendant plusieurs mois, du soutien financier et des services normalement offerts aux familles d’accueil reconnues.
Une réalité qui dépasse un seul témoignage
L’histoire d’A.D. est représentative de celle de plusieurs enfants et familles qui participent au recours judiciaire entrepris par la FFARIQ.
Chaque année, des grands-parents, des membres de la famille ou d’autres personnes significatives acceptent d’accueillir des enfants suivis par la DPJ. Souvent, cette décision se prend dans l’urgence, par amour ou par attachement à l’enfant.
Pourtant, pendant leur processus d’évaluation, ces personnes ne bénéficient pas du même soutien que les familles d’accueil déjà reconnues. Ces différences ne touchent pas uniquement les adultes qui accueillent les enfants. Elles peuvent également limiter l’accès de ces derniers à des services professionnels, à des activités et à l’accompagnement dont ils ont besoin.
Pour la FFARIQ, les besoins d’un enfant ne devraient jamais dépendre du statut administratif de la personne qui l’accueille.
Un recours judiciaire pour défendre les droits des enfants
C’est pour dénoncer ces inégalités que la FFARIQ aux côtés d’enfants et de familles d’accueil de proximité, a entrepris un recours judiciaire visant à contester des dispositions législatives jugées discriminatoires.
Cette démarche vise à faire reconnaître le droit des enfants confiés à une personne significative de bénéficier d’un soutien adapté à leurs besoins, au même titre que les autres enfants pris en charge par la DPJ.
Les conséquences de ces différences de traitement peuvent également se faire sentir lorsque les jeunes atteignent leur majorité, notamment en ce qui concerne l’accès à certains services et à l’accompagnement nécessaire pour poursuivre leur parcours vers l’autonomie.
La FFARIQ considère qu’il est essentiel de corriger ces inégalités afin que tous les enfants puissent bénéficier des mêmes possibilités de développement et d’épanouissement.
L’intérêt de l’enfant doit demeurer la priorité
Les familles d’accueil de proximité jouent un rôle essentiel auprès d’enfants qui vivent des situations difficiles. En leur offrant un environnement familier, sécurisant et bienveillant, elles contribuent à leur stabilité et à leur développement.
Elles ne devraient pas avoir à assumer seules des responsabilités qui relèvent également de l’État.
Un enfant confié à la DPJ demeure un enfant qui a besoin de soutien, peu importe où il grandit. La FFARIQ remercie A.D. d’avoir accepté de témoigner et de contribuer ainsi à faire connaître une réalité encore trop méconnue. Elle remercie également la journaliste Mylène Moisan d’avoir mis en lumière cet enjeu dans sa chronique publiée dans Le Soleil.
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